samedi 6 septembre 2014

Sir Gauvain, et Dame hideuse, un conte et son enseignement -1/2-

Sir Gauvain jure de servir les dames
par William Dyce
Gauvain est comme chevalier, une figure respectable courtoise et héroïque. Il est l'objet de plusieurs romans et le héros de l'une des plus grandes œuvres anglaises sur la légende arthurienne : Sire Gauvain et le Chevalier vert ; il y est décrit comme un excellent chevalier, de grande humanité.
Dans Le mariage de Gauvain et Dame Ragnell, son esprit, la vertu et le respect qu'il a pour les femmes, lui permettent de libérer Dame Ragnell de sa malédiction de la laideur.

( Très court résumé ...) 
Le roi Arthur, part chasser le cerf blanc, il se met en fâcheuse position devant Sir Gromer, un géant qui -faute de pouvoir combattre – lui propose un défi d'esprit. D'ici une année, il s'agit de répondre à une question, faute de quoi, Sir Gromer lui tranchera la tête. La question est la suivante :
- Que désirent les femmes, par dessus tout ?
Le neveu du roi sir Gauvain, accepte de l'aider dans sa quête d'une réponse vraie... Mais, finalement seule, une vieille sorcière ( Dame Ragnell) extrêmement laide peut lui souffler la bonne réponse... Mais son prix est exorbitant : épouser Sir Gauvain.

Finalement, le mariage se fait. Au cours de la nuit de noces, dès le premier baiser, Dame Ragnell se transforme en une magnifique femme. Seulement, la malédiction n'est qu'à moitié levée...
 Gauvain doit choisir : en effet, sa Dame ne peut être belle, et le jour, et la nuit... ! Il doit choisir...
 Il répond, que ce choix la concerne, et qu'elle est la seule à en décider... Et .... C'était la réponse qui permettait de lever complètement la malédiction … !

La réponse à la question serait : «  Ce que la femme veut, c'est être sa propre suzeraine. »


Cette légende est issue des traditions orales celtiques, nous en avons une transcription du XVe s. Nous la retrouvons dans les contes de Canterbury, avec "Le conte de la femme de Bath"... Elle pose bien sûr la question de savoir si un jour, hommes et femmes, vivront ensemble à égalité de droits, sans se poser de questions... !

L'intérêt réel et de ce conte, est d'élargir notre vision pour comprendre avec l'esprit, les représentations des personnages...
Qu'en est-il de cette sorcière, rejetée et renvoyée à la « laideur». Si injustice il y a , quel pourrait être le chemin de guérison ? Guérison pour chacun, pour soi...
Qui est Gauvain, capable d'affronter le « monstrueux »... De quel courage s'agit-il ? Quel est donc le chemin de la beauté « cachée » ?
Comment pouvons-nous - comme Gauvain - toucher ce « monstrueux », et transformer nos attentes, en ce qu'il nous est possible d'accomplir... ?

Cet approfondissement de soi, de l'âme ; implique une recherche de la beauté. Nous pouvons trouver la beauté, même sous ce qui est laid. Comment ? Peut-être en montrant de la compassion bien sûr, mais surtout en reconnaissant la « souveraineté » de l'autre. Il s'agit de restaurer la beauté, quand elle semble absente …
( à suivre)

2 commentaires :

  1. Merci pour cette belle histoire pleine d'enseignement. Je me demande si je n'avais pas déjà lu quelque chose sur le même thème sur ton blog (peut-être dans l'étude sur les fées et les contes). J'attends la suite.
    Au fait, je n'ai toujours pas d'image sur les deux posts précédents...

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